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Portage salarial et chômage : calcul, droits et cumul en 2026

LP

Lise Perrot

Content Manager

10 ans en portage salarial

Portage salarial et chômage : calcul, droits et cumul en 2026

Ce qu'il faut retenir

  • Le salarié porté cotise à l'assurance chômage comme tout salarié classique : il a les mêmes droits.
  • Pour être éligible, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (environ 6 mois).
  • L'allocation (ARE) est calculée sur le salaire brut : optimiser ses frais professionnels peut réduire le montant de l'indemnisation.
  • Le cumul Aide au Retour à l'Emploi (ARE) + Salaire en portage est possible et permet de maintenir son niveau de vie en inter-contrat.

La principale inquiétude des indépendants qui franchissent le pas du portage salarial concerne la sécurité financière. Entre deux missions, que se passe-t-il ? Vais-je percevoir des allocations chômage comme un salarié traditionnel ? La réponse est claire : oui, le portage salarial ouvre droit au chômage dans les mêmes conditions qu'un emploi classique. Cette protection sociale constitue d'ailleurs l'un des avantages majeurs de ce statut hybride, qui combine l'autonomie du freelance avec les garanties du salariat.

Cet article détaille les conditions d'éligibilité, explique précisément le calcul chômage portage salarial, et révèle comment optimiser vos droits tout en préservant vos revenus actuels.

Les conditions d'éligibilité à l'assurance chômage en portage

Le lien de subordination : la clé du système

Le portage salarial fonctionne grâce à un contrat de travail en bonne et forme entre vous et la société de portage. Ce lien de subordination, même atténué par rapport à un CDI classique, reste la pierre angulaire de vos droits sociaux. France Travail (anciennement Pôle Emploi) vérifie systématiquement l'existence de ce contrat lors de l'instruction de votre dossier.

Sans attestation employeur valide délivrée par une société de portage reconnue, l'administration peut refuser l'indemnisation. Choisir une entreprise sérieuse, affiliée au PEPS (syndicat professionnel du portage salarial) et respectant la convention collective, devient donc stratégique pour sécuriser vos arrières.

Durée d'affiliation et conditions d'heures

Pour bénéficier de l'Aide au Retour à l'Emploi, vous devez justifier d'une période minimale d'activité. La règle est simple : 130 jours travaillés ou 910 heures sur une période de référence de 24 mois si vous avez moins de 53 ans, étendue à 36 mois au-delà de cet âge.

Ces seuils correspondent approximativement à six mois d'activité. Les missions courtes s'additionnent : trois contrats de deux mois consécutifs remplissent parfaitement cette condition. Contrairement aux auto-entrepreneurs qui ne cotisent pas à l'assurance chômage, les salariés portés accumulent des droits dès la première heure facturée.

La fin de contrat involontaire

France Travail indemnise les situations de perte involontaire d'emploi. En portage, cela concerne principalement les fins de CDD et les ruptures conventionnelles. La démission, sauf motifs légitimes reconnus par l'administration (harcèlement moral, déménagement du conjoint, non-paiement des salaires), ne déclenche généralement aucune allocation.

Les sociétés de portage proposent souvent la rupture conventionnelle après une longue mission en CDI, ce qui permet au consultant d'activer ses droits tout en conservant une relation professionnelle cordiale. Cette procédure, encadrée par le Code du travail, offre une transition sécurisée entre deux phases de votre carrière.

Calcul chômage portage salarial : combien allez-vous toucher ?

Comprendre le Salaire Journalier de Référence (SJR)

Le montant de votre allocation repose sur le Salaire Journalier de Référence, calculé selon une formule précise : on additionne vos salaires bruts des 12 derniers mois, puis on divise ce total par le nombre de jours travaillés durant cette période. Ce SJR constitue la base de tous les calculs ultérieurs.

Attention : seules les rémunérations soumises à cotisations sociales entrent dans ce calcul. Les primes exceptionnelles et le 13ème mois augmentent votre SJR, tandis que les remboursements de frais professionnels, même versés sur votre bulletin de salaire, n'ont aucun impact puisqu'ils ne constituent pas du salaire imposable.

La formule de calcul de l'ARE

France Travail applique deux calculs et retient systématiquement le plus favorable pour vous :

  • 40,4 % de votre SJR + 12,95 € (partie fixe)
  • OU 57 % de votre SJR

Cette double formule protège les bas salaires grâce à la partie fixe, tout en assurant une proportionnalité pour les revenus plus élevés. Dans la majorité des cas, c'est le premier calcul qui s'applique pour les cadres et consultants en portage, dont les revenus dépassent généralement 2 000 € mensuels.

Le montant obtenu est plafonné à 75 % de votre ancien salaire brut et ne peut excéder 7 436 € brut par mois en 2025, selon les barèmes officiels publiés par l'Unédic.

L'impact stratégique des frais professionnels sur vos droits

Voici un arbitrage méconnu qui mérite toute votre attention. En portage salarial, vous pouvez choisir de déclarer des frais professionnels importants (déplacements, matériel, formation, restaurants) qui seront remboursés sans charges sociales ni impôts. Cette optimisation augmente votre revenu net immédiat, mais réduit mécaniquement votre salaire brut... et donc votre futur chômage.

À l'inverse, limiter vos frais déclarés maximise votre salaire brut, sur lequel se calculeront vos allocations. Vous payez davantage de cotisations et d'impôts aujourd'hui, mais vous sécurisez un meilleur filet de sécurité pour demain.

Il n'existe pas de réponse universelle : tout dépend de votre situation patrimoniale, de la régularité de vos missions, et de votre horizon de carrière. Un consultant qui enchaîne les contrats courts peut privilégier l'optimisation fiscale immédiate, tandis qu'un cadre senior qui anticipe une période creuse aura intérêt à constituer des droits solides.

Exemple concret de simulation

Scénario CA mensuel HT Frais déclarés Salaire brut SJR estimé ARE mensuelle
Optimisation salaire 6 000 € 500 € 3 650 € 121,67 € 1 562 €
Optimisation frais 6 000 € 1 500 € 2 900 € 96,67 € 1 252 €

Avec un chiffre d'affaires identique, le choix de vos frais professionnels peut générer plus de 300 € d'écart mensuel sur vos allocations. Sur une période de chômage de 12 mois, cela représente près de 3 600 € de différence. Cette simulation ne tient pas compte des frais de gestion de la société de portage, généralement compris entre 5 et 10 % du CA.

Le dispositif de cumul ARE et revenu d'activité

Le mécanisme du complément de revenus

France Travail a conçu un système ingénieux pour accompagner les reprises d'activité partielles. Si vous décrochez une mission courte ou à temps partiel pendant votre période d'indemnisation, vous ne perdez pas vos allocations : elles sont simplement ajustées proportionnellement.

La formule appliquée est la suivante : votre allocation mensuelle normale, diminuée de 70 % du salaire brut perçu lors de votre nouvelle mission. Concrètement, si vous touchiez 1 500 € d'ARE et que vous signez un contrat vous rapportant 1 000 € brut, France Travail vous versera 1 500 € - (1 000 € × 0,70) = 800 €. Votre revenu total atteindra donc 1 800 €, supérieur à votre allocation seule.

Ce dispositif élimine la peur de "perdre ses droits" en reprenant une activité modeste. Il encourage la transition progressive plutôt que l'attentisme, tout en maintenant un niveau de vie décent durant la phase de relance commerciale.

Le rechargement des droits

Travailler pendant votre période d'indemnisation ne consomme pas vos droits au même rythme. Chaque jour travaillé en portage génère de nouvelles cotisations, qui peuvent soit prolonger votre période d'indemnisation actuelle, soit créer de nouveaux droits pour le futur.

Si vous accumulez à nouveau 130 jours travaillés, un nouveau calcul sera effectué à l'issue de votre mission. France Travail comparera vos anciens droits restants avec les nouveaux droits générés, et vous bénéficierez automatiquement de la solution la plus avantageuse. Ce mécanisme de rechargement des droits transforme chaque mission, même brève, en investissement pour votre sécurité future.

Fin de mission : rupture conventionnelle ou fin de CDD ?

La rupture conventionnelle en CDI de portage

Certains consultants privilégient le CDI de portage pour sa stabilité administrative. Entre deux missions, le contrat persiste, ce qui simplifie les démarches. Néanmoins, pour activer vos droits chômage, il faut rompre ce contrat. La rupture conventionnelle en portage salarial représente alors la solution la plus élégante.

Cette procédure, prévue par les articles L1237-11 et suivants du Code du travail, nécessite l'accord des deux parties. La société de portage verse une indemnité de rupture (au minimum égale à l'indemnité légale de licenciement), et vous pouvez vous inscrire à France Travail dès le lendemain. Un délai de carence de 7 jours s'applique généralement, après quoi vos allocations démarrent.

Toutes les sociétés de portage n'acceptent pas facilement cette procédure. Certaines la réservent aux longues collaborations, d'autres la refusent systématiquement. Cette politique influe directement sur votre capacité à activer vos droits en douceur.

Le cas du CDD de portage

Le CDD constitue la forme de contrat la plus répandue en portage salarial. Sa durée correspond exactement à celle de votre mission client. À l'échéance, le contrat prend fin automatiquement, sans négociation nécessaire. Vous recevez votre solde de tout compte, votre attestation employeur, et vous pouvez immédiatement vous inscrire comme demandeur d'emploi.

Le délai de carence est réduit : seulement 7 jours dans la plupart des situations. Cette simplicité administrative fait du CDD le choix privilégié pour les missions ponctuelles ou les consultants qui alternent régulièrement activité et prospection.

Attention à la démission

Démissionner d'un contrat de portage pour reprendre une activité en auto-entrepreneur ou créer votre société peut sembler tentant. Vous abandonnez pourtant vos droits accumulés, sans garantie de pouvoir les récupérer. France Travail n'indemnise les démissions que dans des cas très spécifiques, listés sur le site Service-Public.fr.

Si vous envisagez cette transition, deux options s'offrent à vous : négocier une rupture conventionnelle avec votre société de portage, ou attendre la fin naturelle de votre contrat. Précipiter votre départ par une démission équivaut à renoncer à plusieurs mois, voire années, de protection sociale patiemment constituée.

Les démarches à effectuer auprès de France Travail

Dès le lendemain de votre dernier jour de contrat, inscrivez-vous sur francetravail.fr. Cette inscription déclenche vos droits : tout retard repousse d'autant votre première indemnisation. Vous aurez besoin de plusieurs documents, tous fournis par votre société de portage salarial :

L'attestation employeur, document officiel qui récapitule vos périodes travaillées et vos salaires bruts. C'est sur cette base que France Travail calculera votre SJR et votre allocation. Le certificat de travail, qui atteste de la nature et de la durée de votre contrat. Le solde de tout compte, qui liste votre dernière rémunération, vos congés payés, et toute prime ou indemnité due.

France Travail peut demander des justificatifs complémentaires : bulletins de salaire des 12 derniers mois, justificatifs de recherche active d'emploi, attestations de formation. Constituez un dossier complet en amont pour accélérer le traitement.

Vous serez convoqué à un entretien de diagnostic, généralement dans les 15 jours suivant votre inscription. C'est l'occasion d'exposer votre projet professionnel et d'être orienté vers les dispositifs adaptés : formations, accompagnement à la création d'activité, ou ateliers de recherche de missions.

Pourquoi comparer les sociétés de portage est crucial pour votre sécurité

Toutes les entreprises de portage ne se valent pas face à la gestion des fins de contrat. Certaines facilitent les ruptures conventionnelles et optimisent la présentation de vos bulletins pour maximiser votre SJR. D'autres appliquent des frais de gestion élevés qui grèvent votre salaire brut, réduisant mécaniquement vos futurs droits.

Un consultant qui hésite entre deux sociétés affichant respectivement 5 % et 10 % de frais de gestion ne mesure pas toujours l'impact à long terme. Sur un CA de 60 000 € annuel, cette différence représente 3 000 € de salaire brut en moins... et environ 150 € d'allocation mensuelle en moins le jour où vous aurez besoin du chômage.

Au-delà des frais, examinez les services proposés : accompagnement juridique, assurances complémentaires (RC Pro, protection juridique), qualité du support administratif. Une société qui tarde à éditer vos attestations ou commet des erreurs sur vos bulletins peut retarder l'ouverture de vos droits de plusieurs semaines.

Ne choisissez pas votre partenaire au hasard. Comparez les offres, lisez les avis, et privilégiez la transparence. Votre sécurité financière en dépend directement.

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