Réponse rapide : quel contrat choisir selon votre situation immédiate ?
Vous êtes consultant indépendant et hésitez entre un CDD et un CDI en portage salarial ? Cette question revient systématiquement lors de la première mission. La réponse dépend avant tout de votre situation personnelle et professionnelle actuelle, mais aussi de la durée de votre mission et de vos projets à moyen terme.
| Votre profil | Contrat recommandé | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Première mission en portage (moins de 6 mois) | CDD | Vous testez le dispositif sans engagement long terme + prime de précarité de 10% |
| Missions récurrentes ou enchainées | CDI | Stabilité administrative et meilleure image pour les démarches bancaires |
| Projet immobilier en cours | CDI | Les banques privilégient toujours le CDI, même en portage |
| Proche de la retraite ou en transition | CDD | Flexibilité maximale et prime de précarité intéressante |
| Mission longue durée (+ de 18 mois) | CDI | Le CDD ne peut juridiquement pas dépasser 18 mois (21 mois avec prospection) |
Pourquoi le CDD est souvent le choix par défaut des débutants
Le CDD en portage salarial séduit naturellement les consultants qui découvrent ce statut. Il permet de tester le dispositif sans engagement durable tout en bénéficiant immédiatement des avantages du portage salarial, notamment la protection sociale complète du salariat. Pour une mission de trois ou six mois, le CDD offre une souplesse appréciable : vous n'êtes pas lié indéfiniment à la société de portage et pouvez facilement changer de prestataire si l'accompagnement ne vous convient pas.
L'autre avantage majeur réside dans la prime de précarité : 10% de votre rémunération brute totale vous est versée en fin de contrat, ce qui représente un complément financier non négligeable. Sur une mission de six mois à 4 000€ brut mensuel, cela équivaut à 2 400€ supplémentaires au moment de la rupture du contrat.
Pourquoi le CDI devient indispensable pour les profils seniors ou installés
À l'inverse, le CDI s'impose progressivement comme la norme pour les consultants expérimentés qui enchaînent les missions. Si vous prévoyez de rester durablement en portage salarial, le CDI simplifie considérablement votre vie administrative. Plus besoin de signer un nouveau contrat à chaque mission : un simple avenant suffit pour formaliser les nouvelles conditions.
Le CDI présente également un atout décisif pour vos projets personnels. Vous envisagez d'acheter un appartement ? De changer de logement ? D'inscrire votre enfant en crèche ? Le terme "CDI" rassure immédiatement les interlocuteurs, même si ce CDI en portage fonctionne différemment d'un CDI classique. Les banques continuent de le privilégier pour l'octroi de prêts immobiliers, et les bailleurs pour les dossiers de location.
Le CDD en portage salarial : souplesse et sécurité à court terme
Les caractéristiques techniques du CDD
Contrairement à un CDD classique, le CDD en portage salarial présente quelques spécificités juridiques. L'ordonnance n° 2015-380 du 2 avril 2015 impose une mention obligatoire : "contrat de travail en portage salarial à durée déterminée". Cette distinction permet de différencier clairement ce contrat d'un CDD ordinaire.
Durée maximale et règles de renouvellement (Les 18 mois fatidiques)
La durée maximale d'un CDD en portage salarial est fixée à 18 mois, renouvellement inclus. Selon la convention collective du portage salarial (IDCC 3219), ce contrat peut être renouvelé deux fois avant d'atteindre ce plafond. Passé ce délai, soit vous basculez en CDI avec votre société de portage, soit le contrat prend fin.
Une tolérance existe cependant : si vous avez besoin de temps pour prospecter de nouveaux clients, la durée peut être exceptionnellement prolongée de trois mois, portant le maximum à 21 mois. Cette extension doit être convenue dès la signature initiale du contrat et mentionnée explicitement dans les clauses.
Le motif de recours spécifique au portage (La réalisation d'une tâche occasionnelle)
Le CDD en portage ne nécessite pas les motifs de recours habituels du Code du travail (remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, etc.). Le simple fait de réaliser une prestation pour un client justifie la conclusion d'un CDD. Cette souplesse facilite grandement les démarches pour les consultants qui débutent leur activité.
Les avantages financiers spécifiques au CDD
La prime de précarité : un boost de revenus immédiat (10% en plus)
L'article L1243-8 du Code du travail prévoit le versement d'une indemnité de fin de contrat égale à 10% de la rémunération brute totale perçue pendant la durée du CDD. Cette prime de précarité compense la nature temporaire de votre engagement et constitue un avantage financier substantiel.
Prenons un exemple concret : vous réalisez une mission de quatre mois facturée 600€ par jour, soit environ 12 000€ de chiffre d'affaires mensuel. Pour bien calculer votre TJM en portage salarial et anticiper vos revenus, vous devez tenir compte des différentes déductions. Après déduction des frais de gestion (environ 7%), des charges sociales et du prélèvement pour la réserve financière, votre salaire brut mensuel atteint environ 5 500€. Sur quatre mois, cela représente 22 000€ de rémunération brute. À la fin de votre CDD, vous percevez donc une prime de précarité de 2 200€ brut, soit l'équivalent de près de deux semaines de salaire supplémentaires.
Cette prime est financée par la réserve financière constituée sur votre compte d'activité tout au long de la mission. Elle apparaît distinctement sur votre dernier bulletin de paie et est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu comme tout élément de rémunération.
La gestion des congés payés en fin de contrat
Les congés payés en CDD fonctionnent selon le principe de l'indemnité compensatrice. Si vous n'avez pas pris tous vos jours de congés pendant la mission, vous recevez une indemnité correspondant à 10% de votre rémunération brute. Cette somme s'ajoute à la prime de précarité, ce qui maximise votre rémunération finale.
Pour quels profils le CDD est-il la meilleure option ?
Testeurs de marché et freelances ponctuels
Vous souhaitez tester le portage salarial avant de vous engager durablement ? Le CDD constitue la solution idéale. Il vous permet de comparer les sociétés de portage, d'évaluer la qualité de l'accompagnement et de vérifier que ce statut correspond à vos attentes. Si l'expérience n'est pas concluante, vous changez simplement de prestataire à la fin de votre contrat.
Les consultants qui réalisent des missions ponctuelles, sans certitude de continuité, privilégient également le CDD. Un graphiste qui décroche un projet de refonte de site web pour trois mois, sans autres contacts commerciaux à court terme, optera naturellement pour cette formule. Elle lui évite de s'engager dans un CDI alors qu'il n'a pas de visibilité sur ses prochaines missions.
Consultants proches de la retraite ou en transition
Si vous approchez de la retraite et prévoyez une dernière mission avant de quitter définitivement le monde du travail, le CDD s'impose. Inutile de signer un CDI pour quelques mois d'activité. Vous bénéficiez de la protection sociale complète pendant votre mission et percevez la prime de précarité à la fin, ce qui améliore vos derniers revenus professionnels.
Les personnes en reconversion professionnelle trouvent également leur compte dans le CDD. Vous avez obtenu un contrat de six mois en tant que consultant marketing pour valider vos nouvelles compétences ? Le CDD vous permet de sécuriser cette transition sans vous engager sur la durée.
Le CDI en portage salarial : la stabilité pour voir loin
Comprendre le mécanisme du CDI de portage
La différence fondamentale avec le CDI classique (Pas de mission = Pas de salaire)
Le CDI en portage salarial ne fonctionne pas comme un CDI traditionnel. Pour bien comprendre comment fonctionne le portage salarial, il faut saisir cette nuance fondamentale : dans un CDI classique, l'employeur a l'obligation de fournir du travail au salarié et de le rémunérer, même en l'absence temporaire de missions. En portage salarial, l'article L1254-2 du Code du travail précise clairement que le salarié porté doit "rechercher lui-même ses clients et convenir avec eux des conditions d'exécution de sa prestation et de son prix".
Concrètement, cela signifie que les périodes d'intercontrat ne sont pas rémunérées par la société de portage. Vous restez salarié de l'entreprise de portage et conservez tous vos droits sociaux (assurance maladie, retraite, prévoyance), mais votre fiche de paie affiche zéro euro si vous ne facturez aucun chiffre d'affaires. Cette particularité distingue radicalement le CDI de portage du CDI traditionnel et explique pourquoi certains consultants hésitent à franchir le pas.
La notion de "réserve financière" obligatoire
Pour compenser cette absence de rémunération pendant les intercontrats, la convention collective du portage salarial prévoit un mécanisme de réserve financière. Chaque mois, 10% de votre salaire de base est prélevé et placé sur votre compte d'activité. Cette épargne forcée constitue un matelas de sécurité que vous pouvez débloquer en cas de baisse d'activité ou de période sans mission.
Par exemple, si votre dernier salaire de base mensuel était de 4 000€, la réserve financière s'élève à 400€ par mois. Sur une mission de dix mois, vous accumulez donc 4 000€ de réserve. En cas de rupture conventionnelle ou de période d'intercontrat prolongée, cette somme vous est versée, ce qui amortit temporairement la perte de revenus.
Les atouts majeurs du CDI pour votre vie personnelle
Dossier locatif et prêt immobilier : le sésame bancaire
Le CDI reste le graal administratif en France. Malgré les transformations du marché du travail, les banques et les bailleurs continuent de le privilégier massivement. Si vous envisagez d'acheter un bien immobilier ou de louer un appartement, le CDI en portage salarial vous ouvre bien plus de portes qu'un CDD, même si les organismes financiers analysent désormais aussi la régularité de vos revenus.
Les banques examinent vos trois derniers bulletins de paie et vérifient la stabilité de votre chiffre d'affaires. Un consultant en CDI qui facture régulièrement 8 000€ à 10 000€ par mois aura de meilleures chances d'obtenir un crédit qu'un consultant en CDD, même avec les mêmes revenus. Le terme "CDI" rassure, c'est un fait.
Le lissage de salaire : recevoir un revenu fixe même en période creuse
Certaines sociétés de portage proposent un mécanisme de lissage de salaire aux consultants en CDI. Plutôt que de percevoir un salaire variable chaque mois en fonction de votre facturation, vous définissez un salaire mensuel régulier. Votre chiffre d'affaires alimente votre compte d'activité, et la société de portage vous verse le même montant chaque mois, indépendamment des fluctuations d'activité.
Ce système offre une grande sérénité budgétaire. Vous savez exactement combien vous allez toucher chaque mois, ce qui facilite la gestion de vos dépenses personnelles. Si vous facturez moins certains mois (congés, prospection, formation), votre salaire reste stable grâce aux réserves accumulées les mois précédents. À l'inverse, si vous facturez davantage, l'excédent alimente votre compte d'activité pour les mois plus calmes.
La rupture du CDI en portage : est-ce compliqué ?
La rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle constitue le mode de séparation le plus fréquent en CDI de portage. Vous n'avez plus de mission et ne prévoyez pas d'en trouver prochainement ? Vous souhaitez changer de société de portage ? La rupture conventionnelle permet de mettre fin au contrat d'un commun accord avec votre entreprise de portage, tout en ouvrant vos droits au chômage.
La procédure suit le cadre légal classique : entretien préalable, rédaction d'une convention de rupture, délai de rétractation de 15 jours, puis homologation par la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités). Vous percevez une indemnité de rupture conventionnelle dont le montant est au minimum égal à l'indemnité légale de licenciement, ainsi que le déblocage de votre réserve financière.
Le cas de l'inactivité prolongée
Si vous restez plusieurs mois sans mission et sans prospection active, la société de portage peut engager une procédure de licenciement pour insuffisance d'activité. Cette situation reste rare car la plupart des consultants préfèrent anticiper et demander une rupture conventionnelle avant d'en arriver là. Néanmoins, il s'agit d'un risque à garder en tête : le CDI en portage n'est pas un CDI de confort.
Comparatif approfondi : CDD vs CDI
Impact sur le salaire net et la trésorerie
Comparaison des fiches de paie (Impact de la prime de précarité vs lissage)
La structure de rémunération diffère sensiblement entre CDD et CDI. En CDD, vous percevez votre salaire mensuel classique, puis une prime de précarité substantielle en fin de contrat. Cette prime représente l'équivalent d'un mois de salaire supplémentaire tous les dix mois travaillés (10% de la rémunération totale). Elle apporte un coup de pouce financier bienvenu au moment de la rupture, mais elle implique aussi de gérer une trésorerie irrégulière.
En CDI, la rémunération mensuelle peut être lissée pour offrir une meilleure stabilité budgétaire. Vous ne recevez pas de prime de précarité, mais votre réserve financière s'accumule progressivement et peut être débloquée en cas de besoin. Sur le long terme, les deux formules se valent financièrement, mais l'expérience vécue au quotidien change radicalement.
Prenons un consultant qui facture 10 000€ par mois pendant douze mois :
- En CDD (limité à 18 mois maximum) : salaire mensuel net d'environ 5 300€ + prime de précarité de 6 600€ brut en fin de contrat (soit environ 4 500€ net)
- En CDI : salaire mensuel net lissé d'environ 5 300€ + réserve financière de 4 800€ disponible en cas de rupture ou d'intercontrat
Impact sur les droits au chômage (France Travail)
L'acquisition des droits ARE en CDD
Les droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) se constituent de la même manière en CDD qu'en CDI. Pour ouvrir des droits, vous devez justifier d'au moins 130 jours travaillés ou 910 heures au cours des 24 derniers mois (36 mois si vous avez plus de 53 ans). Chaque mission en portage salarial, qu'elle soit en CDD ou en CDI, alimente ce compteur.
La particularité du CDD réside dans l'ouverture automatique des droits en fin de contrat. Dès lors que votre CDD arrive à son terme et n'est pas transformé en CDI, vous pouvez vous inscrire à France Travail et percevoir l'ARE, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation. La prime de précarité est prise en compte dans le calcul de votre salaire journalier de référence, ce qui augmente légèrement le montant de vos allocations.
Le rechargement des droits en CDI
En CDI, la situation diffère légèrement. La fin d'une mission n'entraîne pas la rupture de votre contrat de travail : vous restez salarié de la société de portage pendant votre période d'intercontrat. Pour ouvrir des droits au chômage, vous devez donc mettre fin à votre CDI, soit par rupture conventionnelle, soit par licenciement.
Si vous avez déjà des droits ARE non épuisés d'une activité antérieure, vous pouvez les reprendre pendant votre intercontrat. Vous travaillez ensuite quelques mois sur une nouvelle mission, ce qui recharge vos droits. Ce mécanisme de cumul permet d'alterner périodes d'activité et périodes indemnisées sans perdre vos acquis.
Protection sociale et Mutuelle
Y a-t-il une différence de couverture santé ?
Non, absolument aucune. Que vous soyez en CDD ou en CDI, vous bénéficiez exactement de la même protection sociale : affiliation à la Sécurité sociale, cotisations à l'assurance chômage, cotisations retraite de base et complémentaire, prévoyance et mutuelle d'entreprise obligatoire. La convention collective du portage salarial (IDCC 3219) garantit l'égalité de traitement entre les deux types de contrats sur ce point.
Vous cotisez aux mêmes caisses de retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO pour les cadres), vous êtes couvert par la même assurance responsabilité civile professionnelle souscrite par votre société de portage, et vous avez accès aux mêmes droits à la formation via le CPF (Compte Personnel de Formation). Sur le plan social, CDD et CDI en portage salarial sont parfaitement équivalents.
Les critères décisifs pour trancher
La visibilité de vos missions
Avez-vous signé pour 3 mois ou 3 ans ?
La durée prévisionnelle de votre mission constitue le premier critère de choix. Si vous avez décroché un contrat de deux ans auprès d'une grande entreprise pour piloter la transformation digitale de ses équipes, le CDI s'impose naturellement. Le CDD étant limité à 18 mois (21 avec extension), il ne peut juridiquement pas couvrir une mission plus longue.
À l'inverse, si vous débutez une mission de trois mois pour réaliser un audit ponctuel, le CDD apparaît comme l'option la plus logique. Inutile de vous engager en CDI pour une prestation courte et sans perspective de renouvellement. Vous bénéficiez de la prime de précarité et gardez toute latitude pour changer de société de portage si nécessaire.
La question se complique lorsque vous avez plusieurs missions courtes qui s'enchaînent. Vous êtes consultant en marketing digital et multipliez les contrats de deux à quatre mois auprès de différents clients ? Dans ce cas, le CDI simplifie votre gestion administrative : un seul contrat de travail, des avenants pour chaque nouvelle mission, et pas de rupture/signature à répétition.
Vos projets de vie personnels
Achat immobilier, location, crèche : le poids du mot "CDI"
Vos projets personnels pèsent lourd dans la balance. Vous cherchez à louer un appartement dans une grande ville où la concurrence est féroce ? Le CDI rassure immédiatement les propriétaires et les agences immobilières. Même si votre situation financière est identique à celle d'un consultant en CDD, le simple fait de présenter un CDI améliore considérablement vos chances.
Le crédit immobilier obéit à la même logique. Les banques analysent certes la régularité de vos revenus et votre capacité d'endettement, mais le CDI reste un sésame psychologique important. Un consultant en portage avec un CDI et trois ans d'ancienneté négociera plus facilement son prêt qu'un consultant en CDD, même avec des revenus supérieurs.
Les démarches pour inscrire votre enfant en crèche, obtenir une carte de résident, ou constituer certains dossiers administratifs sont également facilitées par un CDI. La France reste attachée à ce type de contrat, et les institutions publiques comme privées continuent de le valoriser.
Votre stratégie de consultant
Maximiser le cash tout de suite (CDD) ou sécuriser l'avenir (CDI) ?
Votre stratégie financière personnelle influence aussi votre choix. Si vous privilégiez une trésorerie immédiate et des revenus maximaux à court terme, le CDD offre l'avantage de la prime de précarité. Tous les 18 mois maximum, vous percevez un complément de 10% qui booste votre rémunération globale. Cette approche peut d'ailleurs s'inscrire dans une réflexion plus large sur le choix entre portage salarial et freelance selon vos objectifs de carrière.
À l'inverse, si vous recherchez la stabilité et la sérénité budgétaire, le CDI avec lissage de salaire constitue une option plus confortable. Vous savez exactement combien vous allez percevoir chaque mois, ce qui facilite la planification de vos investissements et de vos projets personnels. La réserve financière vous protège en cas de baisse d'activité temporaire.
Certains consultants adoptent une approche hybride : ils commencent en CDD pour tester le portage salarial et la société de portage, puis basculent en CDI une fois qu'ils ont trouvé leur rythme de croisière et que les missions s'enchaînent régulièrement.
Passer du CDD au CDI (et inversement)
La bascule est-elle automatique après 18 mois ?
Non, le passage du CDD au CDI n'est pas automatique en portage salarial. Contrairement au droit du travail classique où un CDD de plus de 18 mois se transforme automatiquement en CDI, le portage salarial fonctionne différemment. À l'issue de votre CDD de 18 mois (ou 21 mois avec extension), trois scénarios sont possibles :
- Vous et la société de portage décidez de transformer le CDD en CDI : vous signez alors un nouveau contrat mentionnant "contrat de travail en portage salarial à durée indéterminée"
- Vous mettez fin à votre collaboration : vous percevez votre prime de précarité et vous êtes libre de changer de société de portage ou de statut
- Vous n'avez plus de mission : le contrat prend fin automatiquement, vous recevez la prime de précarité et pouvez vous inscrire à France Travail
Les démarches pour transformer son contrat en cours de mission
Si vous souhaitez passer d'un CDD à un CDI avant le terme prévu, c'est tout à fait possible. Il suffit d'en discuter avec votre société de portage et de formaliser cette transformation par écrit. Attention toutefois : en transformant votre CDD en CDI avant son terme, vous renoncez à votre prime de précarité. Cette prime n'est due que si le CDD arrive à son terme sans être transformé en CDI.
Le passage inverse (CDI vers CDD) est plus rare mais reste envisageable dans certaines situations spécifiques. Vous pourriez par exemple rompre votre CDI par rupture conventionnelle, puis signer un nouveau CDD pour une mission ponctuelle. Cette stratégie n'a de sens que si vous avez un projet particulier nécessitant la flexibilité du CDD.
Trouvez la société de portage adaptée à votre choix de contrat
Le choix entre CDD et CDI ne se fait pas dans l'abstrait. Il dépend aussi de la société de portage avec laquelle vous travaillez. Toutes ne proposent pas les mêmes services, et certaines ont leurs préférences en matière de contrats. Certaines sociétés refusent les CDD très courts (moins de trois mois) car la gestion administrative ne leur semble pas rentable. D'autres, au contraire, se spécialisent dans l'accompagnement de missions courtes et valorisent la souplesse du CDD.
De même, les mécanismes de lissage de salaire ne sont pas systématiquement proposés par toutes les entreprises de portage. Si cette option vous intéresse pour votre CDI, vérifiez qu'elle est bien disponible avant de signer. Les frais de gestion varient également d'un prestataire à l'autre (entre 5% et 10% en moyenne), ce qui impacte directement votre rémunération nette.
Plutôt que de choisir une société de portage au hasard, prenez le temps de comparer les offres en fonction de vos besoins réels. Utilisez notre comparateur pour identifier les partenaires qui acceptent le type de contrat que vous visez (CDD court, CDI avec lissage, accompagnement personnalisé pour les primo-accédants, etc.). Chaque société a ses spécificités, et le meilleur choix pour vous dépend de votre profil et de votre stratégie.
N'hésitez pas à solliciter plusieurs devis et à poser toutes vos questions avant de vous engager. Le portage salarial est une solution flexible et sécurisante, mais elle doit correspondre à votre situation personnelle pour vous apporter satisfaction sur la durée.
