Général

À partir de quand est-on obligé de facturer un client pour une vente ou un service ?

LP

Lise Perrot

Content Manager

10 ans en portage salarial

À partir de quand est-on obligé de facturer un client pour une vente ou un service ?

Ce qu'il faut retenir de l'obligation de facturer un client

  • La facturation est systématiquement obligatoire en B2B (entre professionnels) pour tout achat de produit ou prestation de service.
  • En B2C (vers un particulier), elle n'est obligatoire que dans certains cas précis : vente à distance, livraison intracommunautaire, ou si le client la réclame.
  • Pour les prestations de services aux particuliers supérieures à 25 € TTC, une note d'honoraires est requise.
  • Le non-respect de ces règles expose à de lourdes amendes (jusqu'à 75 000 € pour une personne physique).
  • En portage salarial, cette contrainte disparaît pour le consultant : c'est la société de portage qui émet la facture légale.

Émettre une facture ne se résume pas à demander un paiement. Ce document comptable et juridique répond à des règles strictes qui varient selon la nature de votre activité et celle de votre client. Quand cette obligation s'impose-t-elle réellement ? La réponse dépend principalement du profil de votre acheteur : professionnel ou particulier.

Pour les indépendants, consultants et freelances, comprendre ces règles devient vite indispensable. Une erreur peut coûter cher, tant financièrement que juridiquement. Heureusement, des solutions existent pour contourner cette complexité administrative tout en restant dans la légalité.

L'obligation de facturation selon la nature du client

La facturation entre professionnels (B2B) : une obligation systématique

Dès qu'une transaction commerciale implique deux professionnels, la facture devient incontournable. L'article L441-9 du Code de commerce impose cette règle sans exception : tout achat de produit ou prestation de service réalisé pour les besoins d'une activité professionnelle nécessite l'émission d'une facture.

Cette obligation s'applique même pour les montants les plus modestes. Que vous vendiez une heure de conseil ou une fourniture à 10 euros, si votre client est identifié comme professionnel, vous devez facturer. La facture doit être établie en deux exemplaires : un pour le vendeur, un pour l'acquéreur. Cette règle garantit la traçabilité des flux financiers et permet à chacun de tenir correctement sa comptabilité.

Les professionnels incluent non seulement les entreprises classiques, mais aussi les associations, les professions libérales, les artisans ou encore les auto-entrepreneurs. Même un micro-entrepreneur achetant une prestation à un autre indépendant doit recevoir une facture en bonne et due forme.

La facturation vers les particuliers (B2C) : obligatoire sous conditions

Lorsque vous vendez à un particulier, la règle s'assouplit considérablement. Le ticket de caisse ou le reçu suffisent généralement à matérialiser la transaction. Pourtant, plusieurs situations imposent la délivrance d'une véritable facture, même en direction d'un consommateur final.

Vous devez obligatoirement facturer un particulier dans les cas suivants : si ce dernier vous en fait la demande explicite, pour toute vente à distance (e-commerce, vente par correspondance), lors de livraisons intracommunautaires exonérées de TVA, ou encore dans le cadre de ventes aux enchères publiques. Ces exceptions visent à protéger le consommateur et à assurer la transparence des transactions transfrontalières.

Un particulier peut donc toujours réclamer une facture, quelle que soit la nature de l'achat. Vous ne pouvez pas refuser cette demande. Cette faculté lui permet notamment de faire valoir ses droits en cas de litige ou de défaut de conformité.

Le cas spécifique de la prestation de service (Note d'honoraires)

Les prestations de services aux particuliers obéissent à une nuance importante. Dès que le montant de la prestation dépasse 25 € TTC, vous avez l'obligation de remettre un document écrit : la note d'honoraires. Ce document peut prendre la forme d'une facture classique ou d'une note plus simple, mais il doit mentionner les éléments essentiels de la transaction.

En dessous de ce seuil de 25 euros, la remise d'un document reste facultative, sauf si le client en fait la demande. Cette règle concerne typiquement les professions libérales (avocats, consultants, formateurs) qui interviennent directement auprès des particuliers. Elle vise à formaliser la relation commerciale et à éviter les contestations ultérieures sur la nature ou le prix de la prestation réalisée.

À quel moment précis doit-on émettre la facture ?

Le principe : facturation à la livraison ou à la fin de la prestation

La règle générale fixe l'émission de la facture au moment où la transaction se réalise concrètement. Pour la vente d'un bien, c'est lors de sa livraison effective au client. Pour une prestation de service, ce sera à l'issue de son exécution. Cette logique permet d'aligner le document comptable sur la réalité économique de l'échange.

Dans certains secteurs où les transactions sont très fréquentes avec un même client, la loi autorise une facturation périodique. Vous pouvez ainsi regrouper l'ensemble des opérations du mois et émettre une facture récapitulative avant le 15 du mois suivant. Cette souplesse évite de multiplier les documents pour des achats répétés de faible montant.

Attention toutefois : cette possibilité ne dispense pas de tenir un registre précis des opérations réalisées. Chaque livraison ou prestation doit être tracée, même si la facturation intervient de façon groupée.

Les exceptions et délais spécifiques

Bien que le principe reste la facturation immédiate, le législateur accorde un délai maximal. Vous disposez généralement de 15 jours après la fin du mois de livraison ou de réalisation de la prestation pour émettre votre facture. Passé ce délai, vous vous exposez à des sanctions.

Les acomptes constituent un cas particulier à bien maîtriser. Dès qu'un client vous verse un acompte, vous devez émettre une facture d'acompte, même si la prestation n'est pas encore réalisée. Cette facture mentionnera explicitement qu'il s'agit d'un versement partiel. À la fin de la prestation, vous établirez alors une facture de solde qui déduira le montant déjà encaissé.

Peut-on facturer en tant que particulier sans statut ?

La réponse est catégorique : non. Émettre une facture nécessite impérativement de disposer d'un numéro SIRET ou SIREN, donc d'être immatriculé en tant que professionnel. Toute facturation sans cette immatriculation constitue un exercice illégal d'activité commerciale, passible de lourdes sanctions pénales.

L'administration fiscale considère que la répétition d'actes de vente ou de prestations caractérise une activité professionnelle, même si vous ne vous percevez pas comme tel. Dès la première transaction, vous devez donc déclarer votre activité et obtenir votre numéro d'identification.

La seule exception concerne les ventes ponctuelles de biens personnels (vide-greniers, revente d'objets d'occasion). Dans ce cadre, vous pouvez rédiger une simple attestation de vente, mais ce document n'a rien d'une facture commerciale et ne permet pas d'exercer une activité habituelle.

Les mentions obligatoires et la conformité du document

Les éléments indispensables pour qu'une facture soit valable

Une facture ne s'improvise pas. Pour être juridiquement opposable et fiscalement valable, elle doit comporter une série de mentions obligatoires précises. L'absence ou l'inexactitude de l'une d'elles expose à des sanctions administratives.

Mention obligatoire Détails
Identité du vendeur Nom ou raison sociale, adresse, SIRET, RCS le cas échéant
Identité de l'acheteur Nom ou raison sociale, adresse complète
Date d'émission Date à laquelle la facture est établie
Numéro de facture Numéro unique, séquentiel et sans rupture
Désignation précise Nature des biens ou services vendus, quantités
Prix unitaire HT Prix hors taxes de chaque élément
Montant HT et TTC Total avant et après application de la TVA
Taux de TVA Taux applicable(s) et montant correspondant
Date d'échéance Date limite de paiement
Pénalités de retard Taux applicable en cas de retard (minimum légal)

Le numéro de facture mérite une attention particulière. Il doit suivre une logique chronologique stricte, sans trou ni doublon. Vous ne pouvez pas supprimer une facture déjà émise : en cas d'erreur, vous devez établir un avoir pour l'annuler et créer une nouvelle facture. Cette rigueur permet de détecter toute tentative de dissimulation de chiffre d'affaires.

Les spécificités selon les statuts (Auto-entreprise, Société)

Chaque statut juridique implique des mentions complémentaires spécifiques. Les auto-entrepreneurs doivent par exemple indiquer des mentions obligatoires précises sur leurs factures, notamment "TVA non applicable, article 293 B du CGI" si leur chiffre d'affaires ne dépasse pas les seuils de franchise. Cette mention informe le client qu'aucune TVA n'est facturée, et donc qu'il ne pourra pas la récupérer.

Certaines professions libérales réglementées doivent mentionner leur adhésion à une association agréée par l'administration fiscale. Cette mention prend la forme suivante : "Membre d'une association agréée, le règlement par chèque et par carte bancaire est accepté". Elle garantit au client la possibilité d'utiliser ces modes de paiement.

Pour les sociétés en cours d'immatriculation, une mention transitoire autorise l'émission de factures : "SIRET en cours d'attribution". Cette tolérance reste limitée dans le temps et ne dispense pas de régulariser rapidement la situation administrative.

Quels sont les risques et sanctions en cas de défaut de facturation ?

Sanctions pénales et amendes administratives

Les autorités ne plaisantent pas avec les obligations de facturation. Le défaut d'émission ou les mentions manquantes exposent à des amendes administratives particulièrement dissuasives. Une personne physique risque jusqu'à 75 000 euros d'amende, tandis qu'une personne morale peut écoper de 375 000 euros.

Au-delà de ces montants maximaux, chaque mention manquante ou inexacte sur une facture entraîne une amende de 15 euros. Cette pénalité est plafonnée au quart du montant total de la facture, mais peut rapidement s'accumuler si vous émettez de nombreux documents non conformes.

Les contrôles fiscaux portent systématiquement une attention particulière à la régularité des factures. Les inspecteurs vérifient non seulement leur existence, mais aussi leur numérotation séquentielle, la présence de toutes les mentions légales et la cohérence avec les déclarations de TVA. Toute anomalie déclenche des redressements qui peuvent remonter sur plusieurs années.

Conséquences fiscales et comptables

Au-delà des sanctions directes, le défaut de facturation engendre des conséquences fiscales lourdes. Si vous émettez une facture non conforme, votre client professionnel risque de se voir refuser la déduction de la TVA correspondante. Ce risque peut détériorer vos relations commerciales et vous faire perdre des contrats.

Plus problématique encore : sans facture en bonne et due forme, vous ne disposez d'aucune preuve juridique solide de votre créance. En cas d'impayé, votre capacité à recouvrer les fonds dus devient très limitée. Les tribunaux exigent une facture conforme pour statuer en votre faveur. Vous pourriez donc perdre à la fois le montant de la prestation et les frais engagés pour la recouvrer.

Cette situation place les indépendants dans une position particulièrement vulnérable. Entre la nécessité de facturer rapidement pour assurer leur trésorerie et le risque d'erreur qui peut coûter très cher, la pression administrative devient vite étouffante.

Comment se simplifier la vie : le Portage Salarial pour ne plus facturer

Le mécanisme de facturation en portage salarial

Le portage salarial repose sur un principe simple mais puissant : déléguer toute la dimension administrative à une société spécialisée. Concrètement, le consultant reste libre de prospecter, négocier et réaliser ses missions. Mais lorsque vient le moment de facturer, c'est la société de portage qui prend le relais.

Ce système triangulaire fonctionne ainsi : le consultant conclut un contrat de travail avec la société de portage (comme BuroServices), puis signe un contrat de prestation avec le client final. Une fois la mission réalisée, le consultant remplit simplement son compte-rendu d'activité (CRA) dans son espace personnel. La société de portage émet alors la facture au nom du consultant, encaisse le paiement, puis verse le salaire correspondant.

Pour le consultant, plus besoin de SIRET personnel, de logiciel de facturation, ni de veille réglementaire permanente. La société de portage se charge de tout : numérotation des factures, respect des mentions légales, déclarations fiscales et sociales. Vous conservez votre liberté professionnelle tout en bénéficiant du statut de salarié.

Les avantages pour le consultant porté

La sécurité juridique constitue le premier bénéfice tangible. Impossible de commettre une erreur de mention ou d'oublier une obligation légale : la société de portage, rompue à ces procédures, assume l'entière responsabilité de la conformité des documents. En cas de contrôle fiscal, c'est elle qui répond aux questions de l'administration.

Le recouvrement des créances représente un autre point de friction majeur pour les indépendants. Relancer un client qui ne paie pas consomme du temps, de l'énergie et génère du stress. En portage salarial, cette charge disparaît totalement. La société de portage gère les relances et, dans de nombreux cas, garantit même le paiement au consultant grâce à des mécanismes d'assurance-crédit. Vous êtes payé à date fixe, que le client ait réglé ou non.

Au-delà de ces aspects techniques, c'est surtout un gain de temps et de tranquillité considérable. Plus besoin de passer des heures à comprendre les évolutions réglementaires, à paramétrer un logiciel de facturation ou à vérifier que chaque document respecte les normes en vigueur. Vous vous concentrez sur votre cœur de métier : vendre et réaliser vos prestations.

Comparatif : Facturer en Freelance vs Facturer en Portage

Critère Freelance classique Portage salarial
Création de facture Logiciel à acheter ou développer 1 clic dans l'espace consultant
Conformité légale Veille réglementaire permanente Garantie par la société de portage
Risque d'amende Supporté personnellement (jusqu'à 75 000 €) Transféré à la société de portage
Gestion numérotation Manuelle, risque d'erreur Automatique et sécurisée
Relance impayés À gérer soi-même Prise en charge complète
Protection financière Aucune garantie Garantie financière légale
Temps consacré Plusieurs heures par mois Quelques minutes par mission

Cette comparaison illustre bien l'équation économique du portage salarial. Certes, la société de portage prélève des frais de gestion (généralement entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires). Mais ces frais couvrent non seulement la facturation, mais aussi l'ensemble des obligations sociales, fiscales et juridiques, ainsi qu'une protection en cas d'impayé.

Pour un consultant qui valorise son temps de travail entre 300 et 800 euros par jour, passer plusieurs heures par mois sur la facturation et la gestion administrative représente un coût d'opportunité bien supérieur aux frais de portage. Sans compter le risque d'erreur qui peut coûter plusieurs milliers d'euros d'amende.


Facturer un client ne se résume donc pas à une formalité administrative. C'est une obligation légale complexe, évolutive, assortie de sanctions lourdes en cas de manquement. Entre les mentions à respecter, les délais à tenir, les spécificités selon le type de client et les risques financiers encourus, la facturation devient rapidement un poids pour les indépendants.

Le portage salarial offre une alternative pragmatique à ceux qui souhaitent exercer leur métier sans subir ces contraintes. En confiant cette charge à une société spécialisée, vous gagnez en sérénité, en sécurité juridique et en temps disponible pour développer votre activité.

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